Par ici la sortie. André Santini n’est plus
aujourd’hui membre du gouvernement de Nicolas Sarkozy, conséquence d’un bilan
en demi-teinte au secrétariat d’état à la fonction publique et, semble-t-il, de
l’absence de soutien du président de la république face aux rendez-vous
judiciaires prochains d’André Santini En vertu de nouvelles dispositions
constitutionnelles, celui-ci retrouve automatiquement son mandat de député dans
un délai d’un mois sauf s’il en démissionne expressément. Il n’y a pas lieu
dans ce cas de figure d’organiser une élection partielle, comme c’était le cas
auparavant.
Le plus logique serait évidemment qu’André
Santini ne démissionne pas. On imagine difficilement pourtant que l’omniprésent
Frédéric Lefebvre, suppléant d’André Santini et devenu député à la suite de la
nomination de celui-ci à un secrétariat d’état, puisse se retrouver sans mandat
national. Cela ne manquerait pas de susciter moqueries et railleries sur la
destinée de celui qui est de loin aujourd’hui le plus idolâtre des serviteurs,
défenseurs et promoteurs de la politique de Nicolas Sarkozy. Alors que fera la
droite?
On peut envisager deux scénarios. Promettre un
siège au Sénat à André Santini en 2011 et provoquer une élection législative
partielle en faisant le pari que Frédéric Lefebvre sera élu. Dans ce cas André
Santini sera simple maire d’Issy-les-Moulineaux jusqu’en 2011. Deuxième
possibilité : laisser Frédéric Lefebvre qui ne sera plus député ronger son
frein jusqu’en 2011, toujours en faisant le pari qu’il sera élu et qu’André
Santini sera sénateur, mais cette fois un an et demi plus tard.
Dans ces scénarios tout repose sur une
hypothèse : Frédéric Lefebvre sera élu sans difficultés en lieu et place
d’André Santini. Rien n’est moins sûr…André Santini était difficile, très
difficile à battre –j’en sais quelque chose pour avoir été son adversaire
socialiste aux élections législatives en 2007 avec un score de 44%. Plusieurs
facteurs jouaient : l’implantation locale, 25 années passées à se créer un
fief, un verrouillage méthodique de la représentation démocratique dans sa
communauté d’agglomération, une image nationale atypique autour des bons mots,
des provocations et des nouvelles technologies et enfin des options centristes
jusqu’à la trahison à l’égard de François Bayrou en 2007. Malgré tout, l’avance
électorale d’André Santini s’amenuise comme l’illustrent les très bons
résultats de la gauche à Issy-les-Moulineaux aux cantonales de 2008 et dans la
ville de Vanves aux législatives de 2007.
Rien de tout cela ne donne un portrait robot
de Frédéric Lefebvre. On peut même dire qu’il est l’exact opposé d’André
Santini. Options politiques très à droite, intérêt pour les affaires locales
sporadique ; l’enracinement dans un territoire n’est pas sa tasse de thé.
Ou plutôt c’est l’enracinement au territoire élyséen qui l’obsède. Mais
apparemment malgré plusieurs tentatives, il continue à ne pas être choisi comme
ministre.
Au-delà des profils psychologiques ce qui me
frappe c’est que tous ces scénarios reposent sur une certitude : celle que
les électeurs sont la propriété d’un tel ou d’un tel. Mais les électeurs sont
de plus en plus libres. Le parti socialiste l’a vérifié aux dernières échéances
européennes car il n’avait pas su convaincre. A nous de rebondir. Et pourquoi
pas en donnant aux Hauts de Seine une députée socialiste ? Dans la 10e
circonscription par exemple ? Et ainsi réduire le déséquilibre fort d’une
action politique monolithique dans ce département.
Lucile
Schmid, vice présidente du Laboratoire des idées du
parti socialiste, conseillère régionale Ile de France, élue municipale de
Vanves, candidate aux législatives en 2002 et 2007.