En présence de Lucile SCHMID -candidate socialiste aux législatives, Laurent PIEUCHOT -suppléant, Ghislaine HUDSON -proviseure du lycée de Dammarie-les-Lys, Kathy SIMILOWSKI -maître-formatrice, Véronique STEPHAN -directrice d’école et maître-formatrice et Guy JANVIER -Conseiller Général.
Quelles sont les recommandations que vous pouvez proposer en complément des réponses formulées :
N’oublions pas les choses positives :
- L’école maternelle est un succès
- Le corps enseignant est en pleine rénovation, et beaucoup de jeunes enseignants qui arrivent ont des envies et des idéaux biens affirmés.
- Le système scolaire public français est un modèle assez envié, et les bases sont saines.
Ce compte rendu du débat de deux heures organisé à Vanves le 23 janvier 2007 est un résumé du document transmis à Ségolène Royal et son équipe. Les échanges furent nombreux pendant le débat et très instructifs sur ce que les citoyens et acteurs de l'École attendent comme évolution pour notre système éducatif.
Les prochaines semaines seront l'occasion de revenir sur le contenu des constats et propositions faits lors des débats à Vanves et de proposer, comme l'avait indiqué Ségolène Royal, un projet cohérent entre les désirs des Français et une pratique politique responsable.
En savoir plus: Désirs d'Avenir Vanves
Résumé succinct des idées débattues.
Constats.
-0 Il y a une identité française très forte relative à l’Éducation Nationale.
-1
L’École maternelle française est un exemple pour beaucoup de pays et
marche globalement très bien, y compris pour le taux de scolarisation
(proche de 100%).
L'École, au carrefour de la société.
-2 Besoin de clarification de la notion d’égalité des chances,
notion utilisée à droite comme à gauche ; il faut concrétiser le
contenu de cette expression et définir la politique de gauche d’une
égalité des chances.
-3 La notion d’autonomie des établissements
scolaires est également dévoyée et connotée « à droite ». Or, pour
certains cas, dans certaines régions, certains types d’établissement,
cela pourrait améliorer le fonctionnement.
-4 École privée : Les
opinions là aussi divergent entre d’une part la nécessité absolue de
diminuer les fonds alloués au privé afin de mieux équiper les écoles
publiques ; puis d’autre part la nécessité pour le public d’affronter
la concurrence du privé, car c’est un moteur.
-5 Le système scolaire français donne l'impression d'être très sélectif et de fonctionner surtout à travers l’échec.
-6 Les filières dites "nobles" (prépas, grandes écoles) accueillent peu d’enfants d’origine modeste.
-7
Le cloisonnement entre enseignement général et enseignement
professionnel est très fort et est à l’image de la société française.
-8
Les opinions sur le maintien / nécessité d’aménager la carte scolaire
divergent ; Pour certains il faut simplement rappeler que la mixité
sociale n’était pas son but premier, mais il faut aussi souligner que
le problème de la carte scolaire n’est pas du tout le même entre Paris
et Province (distinction à faire).
-9 Constat que les années de «
passage », le CP et surtout la 6ème, sont des années charnières, un peu
dures à vivre pour les enfants.
Le personnel enseignant et non-enseignant.
-10 Il y a une dévalorisation sociale des enseignants (l’écart de
leur salaire par rapport au SMIC s’est continuellement rétréci depuis
les années 70). Il y a aussi une dévalorisation des métiers annexes
(médecins, psychologues scolaires, surveillants, etc.)
-11 Les
enseignants donnent parfois le sentiment d’être une population «
fragile » : parfois paranoïaque, parfois trop susceptible.
-12
On a l’impression que l’évaluation des enseignants est inexistante ou
alors infantilisante, quand elle existe, (1 heure de cours évaluée par
un inspecteur sur toute une année scolaire, parfois sur toute une
carrière).
-13 Le travail en équipe des enseignants est
souhaité par tout le monde, et impossible à réaliser en raison du
manque de locaux.
-14 Les enseignants n’ont quasiment pas de formation à la psychologie dans leur cursus.
-15
Il y a moins un problème d’insécurité dans les écoles que de
discipline, de manque d’autorité des enseignants et d’insolence de la
part des élèves.
-16 Le handicap est un sujet très important, et
tous les parents et enseignants se sentent concernés. L’intégration des
élèves handicapés a été obtenu par la force : c’est bien, mais les
équipes sont insuffisantes et totalement sous formés.
Quels sont les réponses ou les nouvelles idées qui permettent d'avancer sur la question?
-0 La création de passerelles est indispensable entre les enseignements général et professionnel :
-1 Il doit impérativement y avoir une aide à l’orientation des élèves qui choisissent des études supérieures.
-2 Il faut prendre un soin particulier des « années charnières » (CP et 6ème).
-3 Il faut enfin tirer des conclusions publiques des différentes expériences en cours : la semaine des 4 jours, etc.
-4
Il faut davantage valoriser les réussites diverses : il n’y a pas que
les Maths et le Français dans la vie (voir exemple américain où le
sport est un critère de réussite important).
-5 Il faut remédier
au manque de locaux : pour un travail d’équipe entre enseignants, mais
aussi pour permettre aux enseignants de travailler à l’école en dehors
de leurs cours.
-6 Il faut réfléchir à une évaluation des enseignants qui intègre élèves et parents.
-7
Il faut une véritable gestion de carrières pour les enseignants, et
il faut donner la possibilité à ceux qui se sont trompés de vocation
d’en sortir.
-8 Il faut bien former et mieux valoriser les
auxiliaires de vie embauchés pour les enfants handicapés : sinon, le
renouvellement sera très élevé et l’efficacité du dispositif
insatisfaisante (comme c’est le cas actuellement).
-9 De façon
générale, en France, on décide les mesures, on les met en place et on
ne réfléchit aux moyens que plus tard. La loi sur l’accueil des enfants
handicapés est un bon exemple : les moyens n’ont pas suivi, il faut y
remédier.
-10 Il faut réfléchir à la place des pères dans les
écoles : notamment pour les familles défavorisées, la charge des
enfants et de l’école repose beaucoup trop et inégalement sur les
épaules des femmes. Dans le même esprit, il faut aider davantage les
femmes seules.
-11 Mixité sociale pour le logement, pourquoi pas
pour l’école : amener 30% des effectifs d’une école par autocar d’une
zone défavorisée par exemple.
-12 Il faut encadrer les enfants du
public après les cours (concurrence du privé !). Donc : mettre en place
un soutien scolaire gratuit à l’école publique.
-13 Il ne faut pas mettre des enseignants débutants dans les ZEP.
-14 Il faut envisager de donner des cours de langue française aux parents d’élèves.
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